vendredi 11 novembre 2016

UNE EPAVE ET LE CORPS EN MORCEAUX DE NEPTUNE

En 2016, les baisses budgétaires ont contraint à renoncer au navire « Brézéhan » pour une goélette de 20 m de long, le « Liberty III ». Utilisé pour la campagne de Camargue, ce navire aux allures de galion des Caraïbes devait retrouver l’équipe de fouille sur le Rhône, à Arles, dès septembre. Sans pour autant croire à la malédiction des épaves, on pourrait penser que Neptune en a décidé autrement car le grand voilier a coulé entretemps par 20 m de fond en rade de Marseille. Les fouilles se sont donc poursuivies dans le fleuve avec de petites unités (zodiac et barges) malgré ces conditions une campagne exceptionnelle devait mettre au jour le fragment d'une statue qui n'est autre que la jambe en marbre de Neptune découvert en morceaux en 2007. Restauré en 2009 avec une jambe en moins, cette découverte vient compléter le puzzle et rappelle un mythe osirien relaté par Plutarque. A l'instar d'Osiris, au corps découpé en 14 morceaux dispersés dans le Nil dont Isis ne retrouvera jamais le sexe avalé par un poisson oxyrhynque, l'équipe est convaincue de la découverte prochaine des autres fragments probablement enfouis dans le stratigraphie explorée cette année... à l'exception sans doute du sexe laissé à l'appétit d'un silure géant.

© Dessins Luc Long, Neptune à figures rouge et Papyrus à la jambe d'Osiris
© Photos Fabrice Dudenhofer, Le Lierty III englouti par les eaux