samedi 18 novembre 2017

UNE NOUVELLE CALIGA ROMAINE SORTIE DU RHONE


Admirablement ciselée et très bien conservée, une nouvelle sandale romaine en cuir vient d’être retrouvée lors de la fouille du Rhône 2017. Collée à un fond d’amphore par le concrétionnement des clous en fer de son épaisse semelle, cette caliga a été ainsi protégée de l’action du fleuve durant 2000 ans et a pu garder son volume et sa forme. Actuellement en traitement au laboratoire Arc-Nucléart de Grenoble, elle va bientôt compléter la collection du musée départemental antique d’Arles, issue du Rhône, comme c’est le cas d'une autre très belle chaussure militaire de type calceus, découverte en 2014 en stratigraphie par l'équipe DRASSM-2ASM.

Sandale en cuir romaine découverte en 2017 ® Luc Long (DRASSM)

Vue de face de la caliga issue du Rhône en 2017 ® Luc Long (DRASSM)




Chaussure découverte dès 2014 par l'équipe de fouille 2ASM ® Luc Long (DRASSM)

mercredi 8 novembre 2017

LE PONT DE BATEAUX MEDIEVAL

Repéré dans le Rhône dès 2016, un monument méconnu d’Arles se dresse sur plusieurs assises, par 8 m de fond, en rive droite. Il s'agit d'une grande pile maçonnée en pierres à bossage, avec marques de tâcheron, au débouché de la rue Léon Blum. Sise à 30 m dans le prolongement d’une arcade encore visible dans le quai actuel, c'est sur cette troisième arche en forme d'avant-bec que devait s'amarrer le pont de bateaux médiéval. Après analyse dendrochronologique, un élément du batardeau en bois encore en place date cet ensemble monumental des premières décennies du XIIIème siècle.   


Vue des pierres à bossage de la dernière assise ® Pierre Blanchard 2ASM
Plusieurs assises superposées sont visibles avec des marques de tacherons ® Pierre Blanchard 2ASM

Eléments du batardeau utilisé pour assécher la zone, au pied de l'édifice ® Pierre Blanchard 2ASM


Reconstitution hypothétique du pont de bateaux médiéval au vu des éléments en place ® Luc Long DRASSM


mardi 31 octobre 2017

LES PETITS TRESORS ARCHEOLOGIQUES DU RHONE

Des bijoux, des fibules, des épingles, des objets de la vie quotidienne, des lampes décorées de scènes diverses : fauconnerie et cynégétique, combats de gladiateurs, guirlande végétale, scènes érotiques et silènes ithyphalliques... Le Rhône est un livre ouvert sur les images de la vie quotidienne à Arles, à l'époque romaine. Mis en émulsion sous l'action de la fouille, le sédiment limoneux libère chaque jour toute une série de petits trésors archéologiques qui enrichissent notre connaissance sur la vie et les objets du passé.


Le décor des lampes à huile prenait toute sa mesure dans la luminosité dorée et vacillante qui émanait de cet objet magique ® 2ASM, Luc Long (DRASSM)

Poignard, épingle, fibule, bague de mariage, boucle d'oreille... Voici les trésors rhodaniens d'un instrumentum parfaitement bien conservé  ® 2ASM, Luc Long (DRASSM)

vendredi 27 octobre 2017

LES COLONNES DU PONT DE BATEAUX ANTIQUE ?


Par 17 m de fond, les plongeurs de l’équipe de Luc Long (DRASSM) viennent de découvrir dans le Rhône deux grandes colonnes de 4 m de long et 55 cm de diamètre, en rive droite. Sises à 6 m l’une de l’autre, à 80 m du bord, à l’extrémité des vestiges maçonnés du pont de bateaux romain, ces deux colonnes monumentales, en granit de Mysie, devaient décorer l’arc de triomphe sur lequel s’appuyaient les navires. C’est ce que laisse penser la représentation de l'ouvrage sur la mosaïque de la place des corporations d’Ostie, associée aux naviculaires marins d’Arles.


Découverte de deux grandes colonnes en granit dans le Rhône par l'équipe de Luc Long  ®  2ASM, Pierre Blanchard

Vue de la base de l'une des deux colonnes partiellement ensablée ® 2ASM, Pierre Blanchard

L'un des deux arcs triomphaux du pont de bateaux arlésien sur la mosaïque d'Ostie ® 2ASM, Jean Grillon 


Extrémité d'une des deux colonnes du Rhône (4 m de long, 55 cm de diamètre) ® 2ASM, Pierre Blanchard






lundi 23 octobre 2017

ON A RETROUVE LE TUYAU EN PLOMB DE CANTIVS POTHINVS


A plusieurs reprises, entre 1570 et 1825, la canalisation de plomb antique marquée au nom du producteur romain C. Cantius Pothinus a été accrochée, sectionnée et retirée du Rhône, à Arles, par des grappins de navires. De nombreux tuyaux ainsi récupérés sont présentés aujourd’hui au Musée départemental Arles Antique. Si l’emplacement précis de cette conduite était jusque-là inconnu, les dernières recherches dans le fleuve viennent enfin de localiser cette fameuse conduite d'eau sous-fluviale par 15 m de fond, au nord de la ville, en rive gauche. La lecture évidente des estampilles grâce aux photos in situ, aux moulages effectués sur place et au prélèvement d'une fragment isolé, en est la preuve.

Lecture du timbre POTHINUS sur une partie de la conduite par 15 m d'eau ® 2ASM, Laurent Masselin


Contretype en plâtre du moulage où se lit la marque (..) ANTIVS - POTHINVS - FAC  ® 2ASM, Luc Long (DRASSM)


Fragment très abimée par les grappins, où l'on devine les lettres C.C(...)POIHIN(...)  ® 2ASM, Luc Long (DRASSM)


Giorgio Spada et Luc Long devant les tuyaux de Cantivs Pothinvs au Musée de l'Arles Antique  ® 2ASM, Bob Cayol

jeudi 19 octobre 2017

UN ETONNANT FRAGMENT DE BALUSTRE ROMAINE


Un très rare élément de balustre romaine, en pierre, sculpté de croisillons avec une décoration de rivets, a été recensé dans le Rhône par Luc Long et son équipe. Ce fragment de claustra ou lattis faisait partie d'une cloison décorative matérialisant dans une villa du IIème ou du IIIème siècle les limites du jardin et de ses plantations. Mais elle pouvait également marquer l’enclos d’une mausolée. Ce type d'élément était jusque-là essentiellement connu sur les peintures murales.

Fragment de balustre romaine en croix de Saint-André trouvé dans le Rhône © 2ASM, Luc Long (DRASSM)

Reconstitution de la balustre d'après le fragment découvert dans le fleuve © 2ASM, Luc Long (DRASSM)

dimanche 8 octobre 2017

Deux ancres antiques exceptionnelles repérées dans le Rhône


Repérée en 2016, une première ancre en fer forgée mesurant 1,30 m de haut, a été découverte dans le Rhône à Arles, par 12 mètres de fond. Elle illustre la navigation toujours active sur le fleuve par des bateaux maritimes, à la fin du IVème siècle après J.-C., et rappelle les ancres de l’épave Dramont F (Var). Mais une deuxième ancre vient d’être repérée cette année. Il s’agit cette fois d’une ancre en bois à une seule patte, appelée ancre de jusant ou de touage, qui permettait de se hisser en rive. Haute de 1,45 m, elle est dotée d’une pièce d’assemblage en plomb et d’un collier pour le passage du jas. Ces deux objets exceptionnels, illustrent un aspect de la navigation antique très mal connu et complèteront la vitrine du musée d’Arles dédiée aux fouilles du Rhône.

Ancre en fer, fin IVes.ap.J.-C.© Luc Long
Photogrammétrie d'un ancre en bois du Ive s. ap. J.--C.©Laurent Masselin